Sous la direction de

Virginie Gargano, Ph.D., Professeure adjointe, École de travail social et de criminologie, Université Laval
Christiane Bergeron-Leclerc, T.S., Ph.D., Professeure agrégée, Département des sciences humaines et sociales, Université du Québec à Chicoutimi
Nicolas Moreau, Ph.D., Professeur titulaire, École de service social, Université d’Ottawa

Depuis une vingtaine d’années, les pratiques centrées sur la nature et l’aventure sont en vogue dans l’univers psychosocial (Gargano, 2018). L’intérêt qu’elles suscitent provient à la fois des bénéfices actuellement reconnus aux immersions en nature sur la santé globale (Hartig, Mitchell, Sjerp de Vries et al., 2014) et des bénéfices reconnus aux expériences d’aventure sur le développement personnel et interpersonnel (Dobud, 2016).

Selon l’OMS (2021), la santé se définit comme un état de complet bien-être physique, ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’incapacité et comprend l’équilibre entre les sphères physiques, cognitives, émotives, spirituelles et sociales. Sous cette perspective, force est de constater que la nature et l’aventure favorisent son maintien. De plus, en raison de la hausse du style de vie sédentaire des Occidentaux, fortement corrélée à l’anxiété et à la dépression (Darcy, Jones et Gidlow, 2019), le développement des interventions et des pratiques centrées sur la nature et l’aventure est tout indiqué. Toutefois, lorsqu’il est question de faire valoir leurs bénéfices, plusieurs variables entrent en jeu.

D’abord, lorsqu’elles s’inscrivent sous la forme d’intervention psychosociale, différentes modalités sont utilisées. Il est question d’expéditions, de camps de base et de programmes basés sur des rencontres hebdomadaires (Gargano et Turcotte, 2018). Combinées à des démarches de socialisation, de soutien, de croissance ou de thérapie, plusieurs populations sont visées par ces interventions : les jeunes à risque (Deane et Harré, 2014), les personnes ayant commis des actes à caractère délictueux (Leberman, 2007; Wilson et Lipsey, 2000), les personnes vivant avec des problématiques de santé mentale (Bowen, Neill et Crisp, 2016) et de consommation (Gass, Wilson, Talbot et al., 2019) et, plus largement, les populations réfractaires aux pratiques conventionnelles (Russell et Gillis, 2017; Russell et Hendee, 2000). Des programmes d’intervention auprès des familles et des couples (Bettman et Faddis, 2006; Griswold, 2014; Ronalds et Allen-Craig, 2008), des personnes vivant avec des traumas (Crawford, 2016; Ross, 2003) et, plus récemment, auprès des communautés LGBTQAISP+ (Mitten, 2012; Wilson et Lewis, 2012) sont aussi répertoriés.

Bien que ces travaux lient naturellement l’intervention en contexte de nature et d’aventure (INA) à la méthode de groupe associée au travail social, des travaux sont aussi retrouvés dans d’autres champs disciplinaires. En outre, depuis le début des années 2000, une recrudescence des travaux mettant en exergue les effets exclusifs des expériences d’aventure et en nature est constatée (Hartig, Mitchell, Sjerp de Vries et al., 2014). Cela met en relief une utilisation élargie de la nature et de l’aventure, que nous considérons comme les pratiques centrées sur la nature et l’aventure.

En ce qui concerne les champs disciplinaires, des travaux sont principalement retrouvés en éducation, en psychologie et en travail social. En éducation, ils portent notamment sur l’éducation à l’enfance en nature (Bentsen, Nielsen, Bolling et al., 2019), les écoles d’aventure, les écoles en nature et les écoles de formation technique (Priest et Gass, 2018). En psychologie, les pratiques d’écopsychologie et d’écothérapie sont actuellement au cœur de la littérature, faisant entre autres des liens avec les pratiques centrées sur la pleine conscience (Buzzell et Chalquist, 2009; Longshore, McAlarnen, Sappington et al., 2019; Roszak, Gomes et Kanner, 1995). Dans le champ du travail social, les écrits se situent sur différents plans. Des liens se dessinent entre les approches d’intervention et leur mise en action en contexte de nature et d’aventure (Gargano et Turcotte, 2017; Norton, 2009), sur la nature du lien entre les intervenants et le contexte d’intervention (Plante, 2016) et sur les processus s’opérant dans les groupes (Gargano, 2018). Finalement, sans égard au champ disciplinaire, l’intérêt envers la nature et l’aventure s’actualise également à travers des travaux mettant en évidence les savoirs ancestraux (Claxton, 2021; Jirásek, Veselský et Poslt, 2017; Lynch, 2011; Roszak, 2009) de même que les pratiques orientales et autochtones (Kotera, Richardson et Sheffield, 2020; Morita, Fukuda, Nagano et al., 2007; Roszak, 2009). La place de l’écologie profonde est aussi mise en relief (Henderson, 1999), plus récemment articulée autour de la problématique de l’écoanxiété (Hickman, 2020; Pihkala, 2020).

Quant aux effets reliés aux pratiques se déroulant en nature, ils font référence au bien-être global et à la santé mentale (Hartig, Mitchell, de Vries et al., 2014; Kondo, Oyekanmi, Gibson et al., 2020; Sépaq, 2021). Les travaux démontrent des bénéfices sur la réduction du stress et l’augmentation des capacités de concentration, du bien-être et du calme (Brymer, Rogerson et Barton, 2021; Donnelly et MacIntyre, 2019). En ce qui concerne les effets reliés aux pratiques centrées sur l’aventure, ils se traduisent entre autres par le bien-être et le développement du sentiment de confiance, d’efficacité personnelle, de motivation et de plaisir (Priest et Gass, 2018). À certains égards, ces effets sont liés à différentes hypothèses : les pratiques centrées sur la nature et l’aventure répondent aux besoins fondamentaux humains, aux expériences kinesthésiques, à la construction de sens dans l’expérience ainsi qu’au besoin intrinsèque de se retrouver en groupe (Gargano, 2020). Les effets qui font particulièrement référence aux expériences en nature s’expliquent par différentes hypothèses, dont la théorie de réduction du stress et de l’attention non dirigée (Darcy, Jones et Gidlow, 2019).

Ce numéro s’intéresse à la place de la nature et de l’aventure dans les pratiques individuelles, conjugales, familiales, de groupe et collectives, en travail social. Il se veut le premier à se centrer exclusivement sur ce thème dans une perspective du travail social, dans le but de rassembler des récits de pratique, des résultats de recherche et des orientations actuelles. Par ailleurs, la forte majorité des travaux sont produits en milieu anglophone et leurs résultats sont difficilement généralisables au contexte québécois, d’où la pertinence de développer des écrits mettant cette perspective en évidence. Un numéro exclusif sur ce thème sera l’occasion de fournir une plateforme francophone de publications scientifiques accessibles, en plus d’offrir l’occasion aux chercheurs, aux futurs chercheurs et aux praticiens de contribuer sérieusement à ces questions. De plus,en raison de l’intérêt actuel pour des pratiques centrées sur le bien-être global des populations et les approches écothérapeutiques (Ambrose-Oji, 2013; Buzzell et Chalquist, 2009), il est essentiel d’établir des liens avec le travail social, et ce, dans le but de bien cerner leurs effets, leurs limites et leurs forces (Gargano, 2020). Bref, le potentiel d’adéquation des pratiques centrées sur la nature et l’aventure avec les visées du travail social est manifeste, mais doit être circonscrit davantage. Pour y arriver, des publications en faisant foi sont toutes indiquées.

Nous proposons donc un appel à contributions portant sur les relations entre la nature et l’aventure et le travail social ou, si elles proviennent d’autres perspectives disciplinaires, démontrant leur apport en ce sens. Des contributions relevant de la perspective de la thérapie conjugale et familiale sont également les bienvenues. Nous sollicitons des contributions sous forme de travaux de recherche, de récits et de réflexions pratiques ou pédagogiques. Nous souhaitons des contributions qui se penchent sur ces objectifs, mais aussi sur les critiques, les préoccupations ainsi que les limites éthiques, organisationnelles et professionnelles qui explorent l’INA ou les pratiques centrées sur la nature et l’aventure spécifiquement articulées autour du travail social.

À titre indicatif, voici les thèmes autour desquels les textes peuvent s’articuler :

  • Les concepts et enjeux fondamentaux en travail social reliés à la santé globale, la nature et l’aventure.
  • La relation entre les différentes sphères de la santé (spirituelle, cognitive, sociale, physique et émotive) et les INA ou les pratiques centrées sur la nature et l’aventure.
  • Le travail social en tant que discipline et profession engagée dans le développement des INA et des pratiques centrées sur la nature et l’aventure.
  • Les contributions qui abordent les aspects théoriques, méthodologiques ou éthiques de l’INA et des pratiques centrées sur la nature et l’aventure.
  • Les recherches empiriques ou encore des récits de pratique sur l’INA et les pratiques centrées sur la nature et l’aventure.
  • L’articulation des collaborations entre les intervenants en contexte de nature et d’aventure.
  • Les contributions portant sur les pratiques ancestrales et autochtones en contexte de nature et d’aventure.
  • Les pratiques et les interventions sportives à visées psychosociales qui se réalisent en contexte de nature et d’aventure.
  • Les relations entre les pratiques centrées sur la nature et l’aventure, les INA et les fondements reliés aux approches d’écopsychologie.
  • L’écoanxiété et le travail social.

C’est avec intérêt que nous attendons vos contributions.


Date de tombée des résumés (350 mots maximum) : 17 mai 2022
Date de tombée des articles : 17 octobre 2022

Numéro à paraître au printemps 2023

Pour de plus amples informations, vous pouvez communiquer avec :

Virginie Gargano, Ph.D., Professeure adjointe, École de travail social et de criminologie, Université Laval

ou

Sarah Boucher-Guèvremont, T.S., Rédactrice en chef, revue Intervention


Références

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